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ANNEXE I



COMMENTAIRES

DES SB

("transsexuels/les")





Je reproduis ici intégralement les commentaires, idées et remarques que les SB ont bien voulu noter aux différentes phases de leur parcours. L'orthographe, la grammaire ont été corrigées tant que cela n'altérait pas le sens du propos. En effet certains écrits ne sont pas très clairs. La ponctuation incorrecte, (placée mal à propos, absente, virgules à la place de points et inversement...), a également été revue pour permettre une compréhension, uniquement quand cela était nécessaire et que cela ne risquait pas de modifier le sens. Les retours à la ligne inutiles ont été supprimés. En cas de doute sur le texte, il est reproduit littéralement. Les soulignements (simples et doubles), majuscules, parenthèses, flèches, guillemets sont des auteurs.

Le numéro des questionnaires est noté sur la gauche. Entre [crochets] la note à laquelle fait référence la personne. Entre [crochets et italiques] mes remarques et commentaires.

Les nouvelles femmes :

G2-1.   Etape 1 : Les réponses ne peuvent malheureusement pas être aussi simples ou génériques. Pour des relations sexuelles par exemple, certains jours cela pourrait être agréable en sachant se laisser aller. D'autres jours, je me forçais, au dégoût de moi-même, juste pour faire plaisir à mes partenaires, qui visiblement ou intimement en tout cas n'avaient pas de moi la même vision ou approche que je pouvais avoir de moi-même. Moi je me savais être une femme, eux me considéraient malheureusement à ce moment plus comme un homme. Ce qui est forcément très déstabilisant. Mais aussi et surtout pour mieux se mentir à eux-mêmes me semble-t-il.
Etape 2 :
Il est dommage que ne soit pas davantage prise en compte dans les jeux sexuels la présence de la poitrine (surtout si celle-ci est suffisamment volumineuse). Celle-ci peut (pour une SBF) être une espèce de preuve de soi, d'une visible féminité, et être très utile pouvant même être un palliatif suffisant et offrir des jeux et des sensations satisfaisantes.

G2-2.   Etape 1 : Depuis ma naissance jusqu'à aujourd'hui, je n'ai pratiquement pas eu de sexualité, même seule. Pour ma part, j'ai eu un problème identitaire. N'ayant donc pas de place dans la société en tant que fille, puis adolescente, enfin femme, comment aurais-je pu développer une sexualité ? D'une part, je ne suis pas transsexuelle mais femme depuis toujours. D'autre part, si je suis bien une transsexuelle médicalement parlant (après tout les sourds sont ceux qui n'entendent pas, mais ils sont néanmoins hommes ou femmes), comment un transsexuel peut-il avoir une activité sexuelle s'il n'a pas de sexe ? Pas d'activité sexuelle, pas de sexualité, pour moi il n'y a pas un problème de sexualité, il faut avoir des jambes pour marcher...
Etape 2 :
Me concernant, pour cette phase de “transition”, tout à “coulé de source”. Plus je suis rentrée dans ma peau de femme, plus j'ai eu des envies, des désirs, des fantasmes érotiques. Maintenant, j'attends la réhabilitation génitale pour enfin m'éclater, vivre à fond ma vie sexuelle, ma sexualité.

G2-6.   Etape 1 : Il était difficile de vivre avec ce sexe qui fonctionnait à mon insu !! Cela m'énervait ce machin qui se mettait en érection. Ma jouissance ne fonctionnait que si j'imaginais avoir un vagin et elle un sexe d'homme.
Etape 2 : Ma sexualité était nulle mais cela me semblait bon de ne plus avoir d'érection.
Etape 3 : Actuellement je me sens bien dans ma peau de femme et je dois avouer “je n'ai rien essayé avec un homme”.
J'ai envie d'être heureuse avec un homme ou une femme, peu importe, l'essentiel c'est que le feeling soit bon.

G2-8.   Etape 1 : J'ai vécu avec mon amie (la seule à ce jour) ma première histoire d'amour tourmentée et de compréhension ainsi que ma première relation sexuelle. Je la voyais épisodiquement. A cette époque, nous n'avions rien et nous habitions à 200 Km l'une de l'autre : moi chez mes parents, elle chez des hommes, ce qui ne m'ôta jamais d'un doute sur une possible bisexualité de circonstance chez elle. Je n'étais ni hormonée, ni opérée.
Lors de notre première rencontre, elle tomba amoureuse de moi, mais moi pas. Je la revis après avoir entretenu avec elle une relation épistolaire et je me rendis compte que j'avais développé des sentiments à son égard.
Notre sexualité était en constante évolution : ce fut d'abord les regards, la présence l'une près de l'autre puis les caresses et les baisers. Plus tard, il y eut l'amour et les actes sexuels que je lui faisais et donnais. Puis, il y eut un hic, elle voulait me donner du plaisir avec mon sexe d'origine, pour moi, c'était totalement exclu ! Je trouvais la solution en lui demandant de me faire l'amour anal avec une petite excroissance qu'elle avait remarquée près de mon anus, ressemblant à un clitoris ou un genre de clitoris mais moins sensible que celui que j'ai maintenant. Lorsque l'on faisait l'amour, je restais toujours avec ma culotte baissée à l'arrière, (pas devant), jusqu'à l'anus. On se titillait — pour elle, son clitoris pour moi, l'excroissance anale avec nos langues, on se pénétrait avec nos langues pour elle, son clitoris pour moi, mon anus.
Là où cela s'est compliqué, c'était lors de pratiques sexuelles diverses (cavalière, tête-bêche, 69). J'avais la hantise qu'elle touche mon sexe d'origine et que celui-ci touche son corps. Dans notre élan, cela arrivait souvent, ce qui amenuisait mon plaisir “calculé”.
J'ai vécu en camping-car avec elle pendant 4 mois et mes désirs sexuels se sont faits plus rares ; ceci est du à l'exiguïté d'une toute petite caravane qui limitait nos mouvements, (cf. traitement hormonal).
Etape 2 :
En cochant “meilleurs qu'avant” pour la sexualité de la phase 2 elle fait un renvoi au commentaire suivant : Après une longue période de séparation, j'ai vécu un orgasme anal que je n'avais jamais ressenti avant de prendre des oestrogènes. Cet orgasme se réalisa en pratiquant des “ciseaux de sexe” après que mon opération ait été réalisée.
Puis j'ai rompu avec elle à cause de divergences d'opinions : elle lesbienne ou plutôt homosexuelle non-militante. Mais aussi à cause de trop de précarité et de nébulosité de par sa vie éclatée.
Aujourd'hui, après 8 mois de traitement hormonal, j'ai souvent envie d'avoir des activités sexuelles avec mon nouveau sexe. Cela se traduit par du désespoir, de la frustration et des rêves érotiques sur des femmes que j'admire. Pour l'instant je me concentre sur la jouissance, intellectuelle celle-là, lors de rencontres enrichissantes.

G2-10.  Etape 2 : En raison de mon état cardiaque, il a fallu supprimer les hormones ; résultat = plus de désir, à l'exception du désir de vivre.
Etape 3 :
Je trouve l'absence de désir très agréable.

G2-11.  Etape 1 : Je n'étais à l'époque pas un homme, comme “on” avait réussi à m'en persuader,   
ni un travesti comme je me présentais — faute de mieux — à mes (éventuels) amants,          
mais une femme empêchée. [Souligné deux fois par elle.]
Etape 2 : Le souci durant cette phase était plus d'obtenir un état-civil que d'épanouir ma sexualité (qu'il convenait avant tout de cicatriser !). Car avant de sexer, il faut exister. Pour sex R.C. il faut sex I.T. [Jeu de mot : pour s'exercer, il faut s'exciter.]
Etape 3 : Mais pour les bébés, ça marche toujours pas. Bon, à mon âge, je ne suis plus tout à fait la seule !? A part cela je ne suis plus empêchée, donc libérée ?

Dans un courrier accompagnant le questionnaire, elle me précise les éléments suivants qu'elle m'autorise à citer et utiliser.
« J'ai remonté (du fond) pas mal de choses ces temps-ci en revoyant un psy à l'occasion d'une démarche dans l'espoir d'y amener mon compagnon mais... Mais je continue de le voir pour moi car j'ai découvert que c'est maintenant que j'ai les choses les plus intéressantes à gratter. Et si c'est maintenant que “ça sort”, c'est parce que ça ne pouvait pas sortir AVANT. Et c'est sans doute devenu possible parce que “l'autre en face” n'a plus l'obsession de la demande de “changement de sexe” qui effrayait et faisait qu'il ne voyait que ça comme problème auquel il fallait à tout prix trouver une cause pour y remédier.
Bien sûr qu'il doit y avoir une cause (ou plutôt un concours de causes). Mais ON N'Y PEUT RIEN. Ou plutôt les trouver ne changera rien à la “demande” car “tout se joue avant 6 ans” comme disait l'un des leurs (leurres ? Le psy cause et la caravane passe !). »

Dans une seconde lettre elle ajoute « “On est femme (ou homme) dans sa tête AVANT de l'être dans son corps (sexe)”. Voir dans La Recherche de septembre (découvert après cette phrase) l'interview de Daniel Dennett sur l'âme et le corps. Ceci est valable pour la sexualité féminine qui est fondamentalement différente de la sexualité masculine. C'est pourquoi je considère comme des atteintes à la féminité et aux droits de la femme (au même titre que l'excision) :
Que des chirurgiens (hommes) laissent du corps caverneux lors des vaginoplasties. La raison est pour eux un exorcisme à leur propre angoisse de castration et peur de l'autre sexe (inconnu = vide imaginé), vestige judéo-chrétien (ils sont dans cet acte plus rabbin que médecin), qui n'est pour la femme qu'une entrave à la pénétration et une atteinte à son intégrité féminine (intégrale, pas seulement physique !).
Qu'on “donne” de la testostérone à des femmes pour “améliorer” leur libido (article de sélection du Reader's digest cite dans l'Identitaire [1]). La libido est un slogan social masculin, ayant pour seul objet de marchandiser le ressenti humain, qui n'a RIEN à voir avec le désir, la sexualité et encore moins l'orgasme(s) féminin. Cette pratique est une atteinte à la féminité et aux droits de la femme du même ordre (régie par la même idéologie) que la vaginoplastie citée plus haut. »

G2-13.  Etape 1 : En tant qu'être masculin (et non homme) le choix d'un partenaire féminin était dicté plus par “normalisation” qu'un désir. Et surtout destiné à combler une solitude.
Etape 2 : En cochant “meilleurs qu'avant” et “plus à l'aise qu'avant” pour la sexualité de la phase 2 elle fait un renvoi au commentaire suivant : Je suis plus à l'aise sans sexualité, qu'avec une sexualité médiocre n'étant pas en accord avec un corps masculin (mes pensées érotiques étant surtout de nature féminine).
Etape 3 : Ma sexualité nouvelle ne peut actuellement pas se concrétiser. Mes relations avec ma partenaire actuelle (femme) sont surtout d'ordre sentimental et après tellement d'années d'une sexualité désastreuse et je n'ai pas envie de détruire par une sexualité nouvelle qui pourtant serait sûrement d'une meilleure qualité.
Je pense que l'âge (54 pour moi, 56 pour ma partenaire) et la peur d'une nouvelle solitude y sont pour beaucoup.

G2-14.  Etape 1 : En cochant “oui” à la question “dans les relations sexuelles, vous utilisez votre vagin/verge” pour la phase 2 elle fait un renvoi au commentaire suivant : rarement, mais il fonctionnait par “automatisme”.
A la question “dans les relations sexuelles, vous utilisez un gode” elle coche “non” et note : j'ai bien sûr essayé mais sans y trouver d'émotion particulière.
A la question “vous-vous montrez nu(e) devant votre partenaire” elle coche “difficilement”, elle ajoute : jusqu'à l'opération j'avais besoin de comportements de soumission que j'intégrais comme un véritable caractère sexuel secondaire, pour suppléer le manque de réalisme de mon anatomie.
Dès l'intervention se passait un basculement et mon tempérament dominateur n'avait plus de raison d'être caché.      
Ceci dit dans l'intimité purement sexuelle, je suis convaincue d'une nécessité de l'alternance des rôles qui est pour moi source d'harmonie. Nota : je parle d'une soumission cérébrale et non “accessoirisée” : évocations de situations, lieux.
Etape 2 : A la question “vous-vous masturbez”, elle coche “oui” en ajoutant : paradoxalement pas le sexe, que je rejetais, que je coinçais avec du sparadrap etc. Mais les seins.  
En cochant “souvent” à la question “vous êtes excité(e) sexuellement”, elle commente : Les injections d'hormones me donnaient des appétits absolument lubriques pendant deux ou trois jours.
En cochant “moins bonne qu'avant” et “moins à l'aise qu'avant” pour la sexualité de la phase 2 elle fait un renvoi au commentaire suivant : seulement ambigu. Plus femme que jamais, se sentant désirée mais honteuse de l'objet incongru entre les jambes. J'avais très peur en outre qu'il ne se “réveille” dans le feu de l'action et donc peur d'une jouissance, fût-elle cérébrale, qui aurait échappée au contrôle.
Etape 3 : Mon attache affective reste celle [la personne] qui m'a aidée à renaître et avec laquelle je vis et travaille. Notre tendresse même si elle va jusqu'à des caresses, n'a plus de côté strictement sexuel. J'ai un partenaire régulier que je fréquente depuis de nombreuses années et j'ai des aventures occasionnelles au feeling, sans les rechercher spécialement. Mes critères de choix sont paradoxalement très cérébraux (culture, intellect, charme, Hommes de pouvoirs) pour une finalité strictement physique !        
A la question “vous-vous masturbez”, elle coche “oui” en ajoutant : j'ai la chance d'avoir une anatomie intime très réussie avec connexion nerveuse + + + !

G2-15.  Etape 1 : J'étais à la recherche de moi au féminin. Ce que l'on appelle travestie, pas transsexuelle et femme libre, c'est avant tout une transition parfois dangereuse, surtout transsexuels(elles) secondaires de changer d'homme en femme. Il faudrait rester enfermée pendant plusieurs années pour ne pas être reconnue, mais c'est impossible. Le maquillage est maladroit, les vêtements trop serrés, trop courts, trop grands, etc. Et trop succinct. Le fait de continuer à vivre à ce moment de transition sans être reconnue est très difficile.
Etape 2 : Pendant la phase transitoire hormonale, je n'ai pas eu de rapports sexuels. J'attendais que les hormones fassent leurs effets. Mais j'ai eu des contacts avec d'autres travesties et transsexuelles(els). Cela était pour connaître ma situation et évaluer mon évolution, ce qui m'a coûté parfois de me faire brouter de la laine sur le dos. Les travesties sont une misère qui ne savent pas où aller et il ne faut pas se laisser influencer dans ce domaine.
Etape 3 : Il faut dire qu'après mon opération en Angleterre par Royle, je dois toujours continuer à me servir d'un conformateur, et de lubrifier avec du gel et de la colpotrophine, sinon mon néo vagin serait sec, et sans conformateur je serai trop étroite et ne supporterai pas de grosses verges. Il faut aller doucement pendant la pénétration. Je n'ai pas d'orgasme. Les bouts [des seins] sont un peu sensibles et ne ressentent pas d'excitation. Mon corps de femme reconstitué sans utérus, ovaire, trompe ne peut réagir et être aussi sensible qu'une femme de naissance.         
Mais je suis tout de même une femme et lorsque l'on me dit à mon travail “il” cela me contrarie. Mon métier (ex homme) ne convient plus à mon tempérament. Mais peut-être qu'à la retraite forcée pour cause de licenciement ou liquidation judiciaire de la société [nom de la société], je m'orienterai vers autre chose de moins physique et plus féminin. (Si j'ai gardé un métier tout en changeant de corps, c'est parce qu'il faut bien vivre). Heureusement, je suis syndiquée et déléguée du personnel. Cela m'a permis d'éviter plusieurs licenciements que la gérante a évoqués à mon égard devant l'Inspection du Travail. Un témoin Conseiller aux Prud'Hommes m'a sortie de la tête de l'eau et il a témoigné pour mon état-civil.

Elle me joint un courrier qui concerne directement le questionnaire. Je retranscris ici la partie concernée.
« Si le problème identitaire et le changement de sexe était médicalement et psychologiquement pris en charge le plus jeune possible, il y aurait moins de problèmes avant le traitement hormonal et pendant le traitement hormonal. Pour la voix avant que la mue soit faite et les poils pas encore complètement poussés, si ce n'est que du duvet. Après le passage ado, c'est déjà moins facile. Et à l'âge que j'avais, ce qu'on appelle secondaire, je crois plus difficile car les secondaires ont déjà un passé très long de l'autre sexe. Et c'est pour cela que je n'ai pratiquement pas eu de rapports sexuels avant le traitement. Pendant le traitement, les rapports sexuels ont commencé peu de temps après l'opération. Maintenant, je me considère comme une femme normale. »


Les nouveaux hommes :

G2-18.  Etape 2 : Dans l'imaginaire de notre couple, ma partenaire fait l'amour à un homme, différent soit mais étant donné que mon clito a énormément grossi, cf. Androtardil, elle le pince entre ses doigts et fait un va et vient et je dois avouer que je décolle. C'est comme un “pénis”. Ce qui est bien, c'est qu'on peut faire l'amour pendant de nombreuses heures. Le nouveau, c'est que j'éprouve du plaisir, je suis déjà “libéré”. Par contre, le hic c'est que je garde mon tee-shirt, la mastectomie n'étant que pour dans 2 mois.

G2-19.  Etape 1 : Avant l'hormonothérapie, on ne peut pas vraiment dire qu'une sexualité existait. Il s'agissait de “sensualité” et de fantasmes basés sur ce que j'imaginais que les autres hommes “normaux” aimaient. C'était en tout cas très enfantin.
Etape 2 : Pendant l'hormonothérapie, la sexualité est plus primaire, voire animale, plus réelle. Il existe un véritable besoin. La part du rêve est moins grande.

G2-24.  Etape 1 : Dans mes relations sexuelles ma jouissance était psychique, de pouvoir faire jouir ma ou mes partenaires était encore l'essentiel. Cela me procure le plus grand plaisir et même atteindre l'orgasme mental.       
Lors de nos relations, je refusais qu'on me touche et je n'aimais pas qu'on voit mon corps. Je ne me déshabillais jamais. Je déshabillais ma partenaire et j'adorais voir son corps.
Je n'ai utilisé qu'une fois un gode, mais ne ressentant rien aucun plaisir de part et d'autre, nous avons abandonné. Je pratiquais plutôt le cunnilingus et me servait de mes doigts (index, majeur) pour pouvoir pénétrer ma compagne. Leur sensibilité était et est encore très forte.
Etape 2 : Maintenant, j'arrive à me mettre torse nu sans problème devant ma partenaire et accepte les caresses de mes différentes parties érogènes (tête, bras, cheveux, reins, nuque), mais je ne me mets pas encore nu.
Etape 3 : Pour moi, les transsexuels (F H) doivent être de très bons amants car ils font attention à leur partenaire, jouissent mentalement et font vibrer et jouir le corps et le psychisme de leur compagne. Toute leur attention est au bout de leurs doigts. Le corps de la partenaire devient un violon qui chante.
Hélas, c'est difficile à vérifier car ils sont de grands dragueurs mais fidèles !
Pour moi, je pense que le mental est plus important, peut-être parce que je n'ai pas fini. Je n'ai pas eu la phalloplastie. Mais je pense ce chemin de transformation me laissera un atout : l'écoute de l'autre pour pouvoir jouir moi-même.


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[1]    Reader's Digest, avril 1999, cité dans L'IDentitaire n°14, pp. 6-7.


Mis en ligne en juillet 2002. Mis à jour le 05/04/2004.