2.2.  LES DIFFERENTES ETAPES DU PARCOURS “TRANSSEXUEL” EN FRANCE

L'ensemble de la transition dure au minimum cinq ans, mais plus souvent il dure sept ans, dix ans, voire plus[24]. Il comporte quatre phases: observation, hormonothérapie, chirurgie et changement d'état-civil. J'en fais ici une synthèse.

2.2.1.  Phase 1: observation

Le candidat à la chirurgie de redétermination sexuelle entre en contact avec une équipe médicale spécialisée. La façon dont il entre en contact avec cette équipe médicale est déjà un parcours en lui-même: savoir qu'il existe une équipe médicale, la trouver... Cela peut se faire par l'intermédiaire d'un médecin, d'un travailleur social, d'un article de presse, d'une association, d'une connaissance (ami, famille), etc. Les informations obtenues peuvent être fausses. Parfois, il faut “essayer” plusieurs psychiatres pour trouver la bonne équipe. Pour la même personne, un psychiatre peut accepter la prise en charge du traitement hormono-chirurgical alors qu'un autre peut refuser.

Le parcours commence par un suivi psychiatrique dont la durée dépend du type d'équipe médicale et de leur protocole. Le candidat doit convaincre le psychiatre que son état sera amélioré par le traitement. C'est la période où on lui demande d'essayer de faire une psychothérapie. Il peut faire un test de vie réelle en tentant de vivre le plus complètement possible dans l'autre sexe, mais, pour la plupart, les psychiatres français ne l'exigent pas.

2.2.2.  Phase 2: hormonothérapie

Quand la prise en charge du traitement hormonal est accordée, le candidat commence (ou poursuit) l'hormonothérapie.

  Les personnes concernées par le syndrome de Benjamin féminin (H->F) prennent un anti androgène pour faire baisser de façon importante la production de testostérone et annuler ses effets visibles (le plus souvent arrêt des érections et de la chute des cheveux, baisse de la pilosité). L'absence des érections est toujours bien vécue par les nouvelles femmes, elles en sont soulagées. Ce n'est pas le cas des personnes qui ne sont pas “transsexuelles”. Parfois, ce traitement est mal supporté à cause de ses effets secondaires (prise de poids importante, maux de tête). Ce produit permet souvent de confirmer le diagnostic. Après trois à six mois, ce traitement est accompagné d'hormones féminines qui développent les caractères sexuels secondaires (développement des seins, grain de la peau plus fin, répartition des graisses et pilosité corporelle féminine, fonte des muscles, repousse des cheveux — si pas trop chauve et depuis pas trop longtemps).

  Les personnes concernées par le syndrome de Benjamin masculin (F->H) prennent un anti oestrogènes qui coupe les règles. Là aussi en dehors de la prise de poids importante, il est soulageant. Mais comme cela n'entraîne pas une androgénisation, la prise de poids se répartit d'une façon féminine, c'est pourquoi ce traitement est souvent mal vécu. Après trois à six mois, l'androgène prend la place de l'anti oestrogène. Les effets sont assez rapides (mue de la voix, grain de la peau plus épais, augmentation du volume musculaire et de la pilosité, répartition masculine de la pilosité et de la graisse, épaississement du cou, chute des cheveux pour certains). L'anti oestrogène est assez peu prescrit en France, le traitement hormonal étant directement débuté par l'androgène. En commençant directement la testostérone, cela évite, pour la plupart des personnes, la prise de poids, (dans les fesses, les cuisses et les hanches), qui s'efface difficilement. Par ailleurs les anti oestrogènes comportent des risques rares mais important comme la cécité.[25]


Une transformation corporelle de même nature que la puberté en découle. Les effets atteignent leur plénitude après cinq ans de traitement hormonal. L'épilation (électrique) de la barbe et la rééducation vocale des “transsexuelles” nécessitent deux années. Dans l'idéal et parallèlement au traitement hormonal, l'épilation et la rééducation vocale devraient être systématiquement prises en charge. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas.

Cette période est la plus fragilisante socialement, mais aussi la plus dynamisante psychologiquement. Les personnes dites “transsexuelles” qui avaient un emploi le perdent souvent durant cette période. Elles voient avec plaisir leur corps changer et devenir plus conforme à leur sexe psychologique.

Généralement, les hormones augmentent le désir sexuel, encore plus pour les “transsexuels” (syndrome Benjamin masculin). Cela est surtout ressenti dans le traitement par injection intra musculaire de type retard pour trois semaines. Seuls les patches féminins sont disponibles en France. Les traitements existent aussi en comprimés mais ils doivent être dégradés par le foie qu'ils sont susceptibles de trop solliciter à long terme.

2.2.3. Phase 3: chirurgie

Certaines personnes ne souhaitent pas cette étape. Elle ne doit ni être imposée ni conditionner la prise en charge des patients. La chirurgie est l'étape la plus délicate. Des résultats de l'opération vont dépendre le confort de vie et la vie sexuelle de la personne. Les complications sont fréquentes en France. Plusieurs interventions sont nécessaires, là où ailleurs en Europe une seule suffit. Les résultats esthétiques, sensitifs et fonctionnels sont assez peu satisfaisants en général. Chez les “transsexuelles”, on enlève les testicules et la verge. On utilise la peau de la verge que l'on retourne pour créer le néo-vagin, la peau des bourses pour sculpter les petites et grandes lèvres et un petit bout du gland pour créer le néo-clitoris. Ce clitoris greffé à sa nouvelle position reste connecté aux nerfs sexuels qui n'ont pas été coupés mais isolés. La sensibilité reste donc totale. L'urètre est abouché à son nouvel emplacement. Du fait du traitement hormonal, la taille de la prostate s'est réduite, ce qui fait qu'elle ne gêne pas. Elle est conservée car il est difficile et problématique de l'enlever à cause des risques importants de lésions de la vessie.

Chez les “transsexuels” on enlève les seins, les ovaires, les trompes, l'utérus et parfois le vagin. Ce dernier est souvent conservé pour les mêmes raisons que la prostate. Quand une phalloplastie est réalisée avec une plastie des bourses, le vagin est enlevé.

Il existe deux sortes de phalloplasties et une alternative.

  La 1ère, la technique de Harold GILLIES, date de 1948. C'est une technique qui, maintenant, comporte assez peu de risque. Elle est décorative, non sensible sur sa partie greffée, souvent elle ne permet pas d'uriner avec le pénis, elle est seulement décorative. En insérant une prothèse érectile elle permet des rapports sexuels. Une sensibilité érogène peut être préservée au niveau clitoridien qui est à la base de la greffe. Soit le clitoris est laissé à l'extérieur (dessus ou dessous la greffe), soit il est incorporé à l'intérieur du pénis à la base de la greffe. Il est possible que la prothèse érectile soit insérée au voisinage du clitoris et permette le plaisir lors du rapport sexuel. Le pénis est fait avec la peau du ventre ou de la cuisse. Au moins trois chirurgiens proposent cette technique en France.

  La 2ème, la technique de Paul J. DAVERIO et Richard MEYER, date des années 80. C'est une adaptation du “lambeau chinois” de CHANG qui fabriquait un pénis pour les hommes l'ayant perdu à la guerre ou dans un accident. C'est une technique assez risquée. Il faut être en bonne santé et ne pas fumer. Cette technique est sensible sur les plans érogène et tactile (douleur, chaud/froid). Le pénis est fait avec la peau du bras. Il y a des greffes nerveuses et veineuses (veines et artères). Les complications sont beaucoup plus importantes et fréquentes. Mais quand les soins et la surveillance post opératoire sont de bonne qualité, les risques majeurs sont presque totalement éliminés. Il faut au moins 3 étapes opératoires:
1 – construction et mise en place du pénis,
2 – insertion de prothèses testiculaires,
3 – insertion d'une prothèse érectile.
Il faut être bien préparé dans sa tête pour cette technique. En cas de complication, il peut être nécessaire de faire une ou plusieurs opérations supplémentaires. neuf personnes sur dix ont des fuites urinaires (fistules) à la base ou le long du pénis. Cela se répare bien, parfois tout seul. Quatre personnes sur dix ont une rétraction du conduit urinaire qui se ferme (sténoses) empêchant l'urine de passer. Aucun chirurgien ne maîtrise cette technique en France. A ma connaissance, deux chirurgiens la pratiquent, avec d'excellents résultats, en Europe.

  L'alternative, le micro pénis, (métoïdioplastie ou clitoris pénoïde), consiste en l'allongement du clitoris qui est remonté à la position normale du pénis. L'urètre peut être prolongé jusqu'au bout du micro pénis (quelques cm). Il y a érection et jouissance naturelle mais la pénétration est rarement possible car le pénis est trop petit. Cette technique est intéressante si le clitoris hypertrophié mesure plusieurs cm. Des prothèses testiculaires peuvent être insérées dans les grandes lèvres transformées en scrotum. L'aspect final est celle d'un homme avec un micro pénis. Il est toujours possible d'évoluer vers une phalloplastie par la suite. Il y a peu de risque mais les chirurgiens qui font cette technique sont rares. Il n'y en a pas en France et seulement deux en Europe.

En France et pour les deux sens de conversion (H->F et F->H), les résultats laissent assez souvent à désirer, il y a toujours plus de complications. Certains patients ont eu des rejets de greffes, le nouveau vagin qui ressort ou se referme, se sclérose, la vessie détruite, l'anus perforé, d'autres ont dû subir deux phalloplasties ou plusieurs tentatives de rattrapage d'une opération ratée, un a même perdu une jambe...

Le système français actuel, tel qu'il est organisé, ne peut produire des résultats stables et de qualité. Nos voisins européens ont une politique qui le permet.

2.2.4. Phase 4: changement d'état-civil

Cette ultime étape dure de six mois à plus de trois ans. Avocat, expertises (psychiatrique, gynécologique ou urologique et chirurgicale) étaient le lot de tous, sauf rares exceptions. Ces expertises sont un véritable viol physique et psychologique[26]. Ces 3 dernières années, la jurisprudence a considérablement évolué, là encore grâce aux échangent entre les “transsexuels” par l'intermédiaire des associations et d'internet. Il est maintenant possible de changer d'état-civil sans opération et sans expertise dès lors que les personnes fournissent les documents nécessaires et soient présentes au tribunal. Une jurisprudence de plus de 60 pages est disponible à l'Association du Syndrome de Benjamin.

A propos des expertises, Sandra DUAL[27], Présidente de l'Association d'Aide aux Transsexuels, en témoigne dans sa biographie:

« Plusieurs membres du bureau de l'association que j'ai l'honneur de présider sont passés en une journée, et en une fournée, avec toutes les allusions nazies que cela comporte, pour une session d'expertise. Tous étaient des gens en fin de parcours, stables, intégrés, c'est-à-dire avec de vrais métiers; tous avaient vaincu, souffert et s'étaient fortifiés.
Tous avaient des personnalités d'acier trempé, préalable évident à une telle odyssée. Tous ont été accablés, effondrés, ébranlés par tant d'humiliations. Le passé resurgissait avec la crainte du jugement dernier. Ils ont été déstabilisés pour de nombreux mois, et la haine qu'on a gravée au fer rouge, même si elle sera le moteur de nos luttes futures, les aura blessés à jamais. J'ai oeuvré pour qu'au moins l'un d'eux ne passe pas à l'acte, et je ne parle pas que du suicide...! Tous ceux et celles qui ont été violés sont marqués à jamais: égalité, fraternité, c'est pour la rime!
La légitime défense est une circonstance atténuante dans les viols avec sévices, les experts devraient y penser. Et l'épreuve de vie dont on nous a tant parlé? J'offre une de mes nuits au juge qui voudra enfin comprendre, pour témoigner. Témoin à décharge...
 »


L'obtention du changement d'état-civil est indispensable à une bonne issue de la thérapeutique. Ce n'est qu'après cette étape, grâce à ses nouveaux papiers, que la nouvelle femme ou le nouvel homme (ex-“transsexuel/le”) retrouvera une citoyenneté complète. Travail, logement, et autres nécessités leur deviennent enfin “normalement” accessibles.

2.3.  INFORMATIONS SUR LE FONCTIONNEMENT DES EQUIPES MEDICALES

Il existe deux sortes d'équipes médicales en France, celles avec chirurgien et celles sans chirurgien. Le fonctionnement de la prise en charge a été parfaitement observé par Jean-Luc SWERTVAEGHER[28]. Mais, concernant les équipes médicales avec chirurgien, il a évolué depuis quelques années dans le sens d'une rigidification. Tout traitement hormonal commencé avant l'évaluation doit être interrompu. Ce n'est qu'après l'accord de la prise en charge des soins par l'équipe médicale que le traitement hormonal pourra être repris. Toute personne qui (re)commence un traitement, (hormones, chirurgie esthétique...), sans l'accord de l'équipe médicale, est exclue du protocole. Par ailleurs des équipes médicales sans chirurgien ont vu le jour afin d'aider des patients qu'ils suivaient par ailleurs ou qui ne trouvaient pas de place dans les protocoles des équipes médicales avec chirurgien. Les adresses se sont échangées par l'intermédiaire des associations et d'internet.

2.3.1.  Fonctionnement des équipes médicales avec chirurgien

Il faut compter au moins deux ans, (voire le plus souvent 2,5 ou 3 ans ou parfois plus), de suivi psychiatrique sans traitement hormonal ni opération. Durant ce suivi, les personnes passent un bilan psychologique (tests projectifs, échelle de féminité/masculinité, efficience intellectuelle) avec un psychologue clinicien, un bilan (endocrinien, sanguin, hépatique et hormonal) complet chez l'endocrinologue et un bilan chirurgical chez le chirurgien avant toute prise de décision de traitement. Ils considèrent que les “transsexuels”doivent aller jusqu'à la chirurgie.

La décision est collégiale, les trois médecins doivent être d'accord pour que le traitement soit accepté. Leur accord pour le traitement sera donné au patient seulement si le diagnostic est favorable et s'il n'y a pas de contre-indication médicale. Actuellement et depuis le début de l'épidémie de Sida, les “transsexuels” séropositifs (sans symptôme du Sida), dont le diagnostic de “transsexualisme” est patent ne sont toujours pas pris en charge.

Les consultations des médecins (psychiatre, endocrinologue, chirurgien), le traitement hormonal et la chirurgie sont entièrement pris en charge par la Sécurité Sociale. L'épilation définitive de la barbe pour les “transsexuelles” reste très mal remboursée et se fait en dehors. Il en est de même pour la voix (rééducation vocale).

Les rendez-vous avec les psychiatres sont variables, de un à six mois. Les consultations durent 30 à 60 minutes. Un soutien psychologique en parallèle hors de l'équipe est souvent nécessaire afin d'avoir un accompagnement durant le parcours.

En général, la chirurgie est de mauvaise qualité esthétique et surtout fonctionnelle pour les deux sexes, c'est-à-dire environ 50% d'échec. Les chirurgiens n'opèrent que les patients de leur équipe médicale. Tout patient provenant d'une autre équipe médicale doit recommencer à zéro le parcours. Par ailleurs, ces équipes empêchent souvent la possibilité de prise en charge de la chirurgie hors de France par la Sécurité Sociale. Certaines des équipes médicales avec chirurgien voient d'un très mauvais oeil les équipes médicales sans chirurgien qu'elles qualifient d'incompétentes. Les équipes médicales se sont auto désignées comme qualifiées, aucune autorité, ni loi ne l'a fait. Elles entendent rester les seules à décider du sort des “transsexuels”.

A ce propos, voici ce qu'écrit Rochelle[29]:

« Ainsi, Monsieur mon psy, arrêtez de me dire que vous avez réfléchi et que vous savez ce qui est bon pour moi. Je n’ai pas cette prétention à votre égard.
Et franchement, arrêtez de jouer au psychanalyste de supermarché, avec vos devinettes de bazar en voulant mener ma vie par les rênes de votre suffisance. Franchement là oui, ça me déprime. Et surtout, surtout, arrêtez de me dire que je ne suis pas normale! Car vous semblez oublier que: “C’est celui qui dit qui y est!”
De même lorsque je vous dis que je suis usée que ma vie soit prise en otage par des mégalomanes de haut vol, vous me répondez dans un élan d’énervement: “Je ne suis pas mégalomane!” Vous oubliez un détail d’importance! Comment se fait-il que n’ayant pas été nommé vous vous sentiez autant visé et si blessé?
Comme le dit si bien le dicton: “C’est celui qui se sent morveux qui se mouche”
. »

Chacune de ces équipes a un protocole de prise en charge[30] qui est parfois écrit. Le protocole diffère avec les équipes médicales. Ils ont quelques points communs: il faut avoir au moins 23 ans, ne pas être marié et ne pas avoir d'enfant mineur, voire pas d'enfant du tout. Les personnes doivent être hétérosexuelles dans leur nouveau sexe, c'est-à-dire que les “transsexuelles” doivent aimer les hommes et les “transsexuels” doivent aimer les femmes.

Les psychiatres ont vingt ans de retard dans leur conception et compréhension de la question. Ils confondent ou regroupent le sexe psychologique, l'identité sexuée ou identité de genre et l'attirance amoureuse et sexuelle alors qu'ils sont différents et indépendants les uns des autres. De ce fait, leur protocole est rigide et inadapté. Il montre une profonde incompréhension de la question “transsexuelle”. Les patients leur mentent pour obtenir les traitements qu'ils viennent chercher, ils se conforment à l'idée que ces psychiatres ont des “transsexuels”. Leur rigidité est la cause de leur stagnation dans la compréhension.

Seule une minorité de ces personnes a officiellement accès aux soins médicaux en France[31] où la qualité de ces soins est déplorable, surtout en ce qui concerne la chirurgie et la façon dont ces personnes sont traitées sur le plan humain. Par ailleurs, la plupart des “psys”[32] spécialisés témoignent dans leurs divers écrits d'une méconnaissance profonde de la question “transsexuelle” ou d'un retard de 20 ans.

2.3.2.  Fonctionnement des équipes médicales sans chirurgien

Un psychiatre fait équipe avec un endocrinologue pour suivre une personne. Avant tout traitement, un bilan sanguin, hépatique et hormonal complet est fait par l'endocrinologue. En bons cliniciens, la plupart des psychiatres n'estiment pas utile le bilan psychologique que prescrivent les équipes avec chirurgien. Sur l'accord du psychiatre, le traitement hormonal peut commencer au bout de 6 à 18 mois. Qu'ils travaillent en public ou en privé, la plupart des médecins exercent au tarif Sécurité Sociale (secteur 1 ou conventionné). Quelques autres médecins travaillent à un tarif supérieur (ils sont en secteur 2 ou conventionnés honoraires libres).

Les psychiatres et quelques rares psychologues cliniciens de ces équipes médicales apprennent de leurs patients et ont fait évoluer leurs théories. Ils ont acquit une certaine souplesse de fonctionnement qui fait leur succès auprès des “transsexuels”. Ils fonctionnent plus dans une aide à l'auto diagnostic. Les consultations psychiatriques sont souvent plus rapprochées (toutes les semaines, tous les quinze jour ou tous les mois). Les consultations durent 10 à 60 minutes. Si ça n'est pas suffisant, les personnes peuvent avoir un soutien psychologique en parallèle avec un autre praticien.

Au bout de deux ans de suivi psychiatrique, une prise en charge de la chirurgie hors de France par la Sécurité Sociale peut être demandée par les deux sexes. Elle peut être accordée quand le dossier est bien monté et respecte les deux ans de suivi. Souvent l'avis d'un second psychiatre (une seule consultation) est demandé afin de savoir si la personne est prête pour l'opération. Là aussi les conditions évoluent rapidement. Les équipes médicales avec chirurgien font pression pour que soit refusée cette prise en charge afin qu'elles gardent le contrôle des “transsexuels”.

A part d'être âgé d'au moins 18 ans, il n'y a pas de condition particulière. Ils acceptent aussi d'aider les personnes qui ne souhaitent pas la chirurgie. Quand ils sont mal à l'aise avec cette idée, certains psychiatres n'acceptent pas les patients mariés ou ayant des enfants mineurs. Contrairement aux équipes médicales avec chirurgien qui ne le disent pas au patients et les font traîner plusieurs années avec des faux espoirs, ces psychiatres le disent aux patients et leur évitent de perdre leurs temps.


Notes:

[24]  Cette durée correspond au suivi par une équipe médicale avec chirurgien. Dans une équipe médicale sans chirurgien, la durée peut être ramenée à 2-3 ans.

[25]  Orgamétril: cécité, Décapeptyl: troubles neurologiques, in le Dictionnaire Vidal, (1992), Paris, Edition du Vidal, 68è édition, réédité tous les ans. La bible des médecins.

[26]  Voir “transsexuel(le)s”: communiqué de presse, reproduit dans L'IDentitaire, n°13, pp. 6-7.

[27]  DUAL S., (1999), Rencontre du troisième sexe, Editions Gérard Blanc, 239 p., pp. 166.

[28]  SWERTVAEGHER J-L., (1999), Que sont devenues les personnes réassignées. Approche ethnopsychiatrique de la “transsexualité”, mémoire de DEA de psychologie clinique et pathologique, sous la direction de Tobie NATHAN, Université de Paris 8, 140 p., disponible au Centre Georges Devereux, Paris 8, pp. 74-126.

[29]  Rochelle, (2001), La normalité... l'anormalité. La vie bascule à une apostrophe près!, in L'IDentitaire, n° 23/24, p. 4, (ASB c/o Relais 59 - 1, rue Hector Malot - 75012 PARIS).

[30]  CORDIER B., CHILAND C., GALLARDA T., (2001), Le transsexualisme, proposition d'un protocole malgré quelques divergences, in Ann. Méd. Psycol., n° 159, pp. 190-195.

[31]  L'équipe médicale parisienne avec chirurgien dit avoir traité 200 patients en 20 ans, ce qui fait une moyenne de 10 patients par an! Source: CORDIER B., CHILAND C., GALLARDA T., (2001), op. cit. Or rien qu'à l'ASB, chaque années, nous avons plusieurs dizaines de demandes d'informations et d'orientations vers des médecins.

[32]  Les “psys”: psychiatres, psychanalystes, psychologues.

Mis en ligne le 11/11/2003. Mis à jour le 05/04/2004.


              

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