LE 8 NOVEMBRE EST LE JOUR DE COMMEMORATION DES INTERSEXES


Mais qui sommes nous? En d'autre temps on nous nommait Hermaphrodites, pour les généticiens nous sommes les ambigues et pour nous, nous sommes toutes les personnes qui de façon génétique ou physique nous trouvons dans le continuum entre la femme et l'homme.

Groupe silencieux jusqu'alors, relegué-es dans le néant de la honte, de la monstruosité, nous sommes pourtant très nombreux-ses puisque tout de même, un bébé sur mille né avec une différence génitale visible, que certaines différences chromosomiques comme le syndrome de Klinefelter (présence d'un ou plusieurs chromosomes X surnuméraire) représente une naissance sur environ 700! (il y a en tout une centaine de différences génétiques liées au chromosomes X et Y, plus ou moins rares)

Nous sommes donc très nombreux ses victimes de l'un des derniers tabous de notre société!

Aujourd'hui, en France, sous le pretexte que des parents ne peuvent envisager d'élever un enfant qui ne soit ni fille ni garçon, on retire systèmatiquement l'organe génital des enfants intersexes et ce faisant, l'organe du plaisir (gland ou clitoris) dès trois mois (Cette mutilation est par exemple préconisée par le Pédopsychiatre Marcel Rufo dans son ouvrage “Tout ce que vous ne devriez jamais du savoir sur la sexualité de vos enfants”).

Ces mutilations sont contraires aux droits de l'homme et alors que l'excission est un crime passible de correctionnelle, ce qui est normal, des médecins préconisent et pratiquent tous les jours la castration de bébés dont selon les statistiques plus de 30% se suicideront à l'adolescence, et l'immense majorité des survivant entammeront une chirurgie de réassignation pour approcher du genre auquel ils appartiennent et non de celui qu'on leur a imposé.

L'une des raisons de ces mutilations, outre que notre société n'accepte pas de sortir d'une binarité de genre de plus en plus controversée est que tout bétement, un enfant doit être déclaré à l'état civil dès la naissance comme garçon ou fille. Tout au long de notre vie, cette violence morale nous pousuit puisqu'à chaque formulaire administratif ou commercial il faut cocher la case H ou F dans lesquelles nous ne pouvons pas nous reconnaitre.

Mutilé-es, privé-es de nos organes du plaisir, élevé-es dans le non dit de notre état et la honte dès le plus jeune age, nous n'accepterons plus que l'on nous invisibilise et nous engageons à lutter pour faire interdire les mutilations inutiles et mortifères infligées aux bébés intersexe.


Vincent Guillot,
Porte parole pour l'Europe de l'Organisation Internationale des Intersexes (OII).

Mis en ligne le 23/11/2005.


    

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