COMPLEMENT SUR LA CHIRURGIE


Voici quelques information sommaire sur les chirurgies génitales. Pour la phalloplastie, il existe 2 techniques (la technique de GILLIES et celle de DAVERIO/MEYER) et une alternative (le micro pénis ou métaoidioplastie ou clitoris pénoïde). Pour la vaginoplastie, il n'y a qu'une seule technique.

La technique de GILLIES:

- La première, la technique de Harold GILLIES, date de 1948. C'est une technique qui, maintenant, comporte assez peu de risque. Elle est décorative, non sensible sur sa partie ajoutée, souvent elle ne permet pas d'uriner avec le pénis, elle est seulement décorative. En insérant une prothèse érectile elle permet des rapports sexuels. Une sensibilité érogène peut être préservée au niveau clitoridien qui est à la base de la greffe. Soit le clitoris est laissé à l'extérieur (dessus ou dessous la greffe, [la plupart du temps dessous]), soit, il est incorporé à l'intérieur du pénis à la base de la greffe. Il est possible que la prothèse érectile soit insérée au voisinage du clitoris et permette le plaisir lors du rapport sexuel. Le pénis est fait avec la peau du ventre ou de la cuisse. Il n'y a pas de greffes nerveuses ou veineuses. Il faut plusieurs opérations (environ 3). Le Dr VASOLER de Toulouse et le Pr DALLASERRA de Paris font cette technique. Pour l'accueil et le suivi, je n'en sais rien. Je ne connais que celui de Gand.

La technique de DAVERIO et MEYER:

- La deuxième, la technique de Paul J. DAVERIO et Richard MEYER, date des années 1980. C'est une adaptation du “lambeau chinois” de CHANG qui fabriquait un pénis pour les hommes l'ayant perdu à la guerre ou dans un accident. C'est une technique assez risquée. Il faut être en bonne santé et ne pas fumer. Cette technique est sensible sur les plans érogène et tactile (douleur, chaud/froid). Le pénis est fait avec la peau de l'avant bras et la gaine des muscles (fascias). Il y a des greffes nerveuses et vasculaires (veines et artères). Les complications sont beaucoup plus importantes et fréquentes. Mais quand les soins et la surveillance post opératoire sont de bonne qualité, les risques majeurs sont presque totalement éliminés. C'est cette technique que j'ai choisie à Gand qui est devenu le centre ayant le plus d'expérience au monde dans cette technique. Il faut au moins 3 opérations:

1 - construction et mise en place du pénis,
2 - insertion de prothèses testiculaires,
3 - insertion d'une prothèse érectile.


En cas de complication, il peut être nécessaire de faire une ou plusieurs interventions supplémentaires. Il faut être bien préparé dans sa tête pour cette technique. Les Pr MONSTEY Gand en Belgique, Pr DAVERIO Lausanne en Suisse, Pr BAUDET remplacé par le Pr MARTIN de Bordeaux et Pr LERICHE remplacé par Dr XX de Lyon pratiquent cette technique. Les résultats sont très inégaux. Pr MONSTEY = 3% d'échecs total, je ne connais pas ceux du Pr DAVERIO, environ 50% pour les autres. Tous les chirurgiens se sont formés chez le Pr DAVERIO. Sans prise en charge de la sécu, il faut compter 22.900 euros en Belgique. 9 personnes sur 10 ont des fuites urinaires (fistules) à la base ou le long du pénis. Cela se répare bien, parfois tout seul. 4 personnes sur 10 ont une rétraction du conduit urinaire qui se ferme (sténoses) empêchant l'urine de passer. C'est une urgence médicale. Il ne faut plus boire. Si c'est un jour ouvrable, téléphoner au service de chirurgie qui vous a opéré. Aller en urgence au service de chirurgie qui vous a opéré. La nuit ou les jours fériés, aller en urgence au service de chirurgie qui vous a opéré.

Le micro pénis ou métaoidioplastie ou clitoris pénoïde ou micro pénis:

- L'alternative, le micro pénis ou métaoidioplastie ou clitoris pénoïde ou micro pénis, consiste en l'allongement du clitoris qui est remonté à la position normale du pénis. Un urètre peut être prolongé jusqu'au bout du micro pénis (quelques centimètres). Il y a érection et jouissance naturelle mais la pénétration est rarement possible car le pénis est trop petit. Cette technique est intéressante si le clitoris hypertrophié mesure plusieurs cm. Il y a peu de risque mais les chirurgiens qui font cette technique sont rares. Il n'y en a pas en France. Si vous êtes intéressés, je vous ferais parvenir les coordonnées.

La vaginoplastie:

Pour la vaginoplastie, il y a une seule technique. Certains chirurgiens y ont apporté quelques petites variantes. Ces variantes portent sur l'esthétique, sur la fabrication du vagin. Cette intervention se fait en un temps avec parfois une retouche esthétique au niveau des grandes lèvres.

La peau du pénis est retournée et pour fabriquer le vagin. Les petites et grandes lèvres sont crées à partir de la peau du scrotum qui est remodelée. L'urètre est repositionné à sa nouvelle place. Un petit morceau du gland est préservé avec une partie vasculaire et nerveuse qui n'est pas sectionnée et garde ainsi toute sa sensibilité au futur clitoris.

Certains ont mis l'accent sur le vagin en lui ajoutant si nécessaire une greffe de peau pour obtenir une profondeur minimale de 8 cm (Pr MONSTREY qui fabrique le vagin autour d'une prothèse qui sert de dilatateur), d'autres ont apporté une amélioration esthétique (Dr PREECHA qui a formé le Pr MONSTREY à sa technique esthétique), d'autres ont modifié la façon de faire le clitoris (Pr MARTIN qui le fabrique à partir de la peau locale et en y faisant aboutir le nerf érogène du pénis).

Un pénis moyen mesure 12 à 14 cm en érection. Pour l'accueillir, le vagin doit faire au minimum 8 cm. Les lesbiennes peuvent aussi avoir un intérêt à avoir un vagin de taille suffisante.

Les chirurgiens étrangers fournissent un ou plusieurs dilatateurs vaginal. C'est rarement le cas des chirurgiens français. Il est important que le chirurgien montre à la patiente comment il faut faire les dilatations. La réussite de la vaginoplastie en dépend en grande partie.

Quand le vagin n'est pas de taille suffisant ou quasiment inexistant, il y a la possibilité d'une opération très lourde qui permet la création ou l'allongement du vagin avec un bout de colon (gros intestin). Rares sont les chirurgiens capables de la faire (Pr PANIEL qui répare beaucoup d'échecs souvent français). Il vaut mieux éviter d'en arriver là en choisissant son chirurgien en connaissance de cause.

Les principales complications sont la perte du vagin, les problèmes urinaires, les lésions de la vessie, les lésions du rectum. Ces complications peuvent être très graves.

Mis en ligne le 18/10/2004. Mis à jour le 23/12/2004.


    

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