CRITIQUE DES PROTOCOLES FRANÇAIS


Les équipes médicales françaises avec chirurgien ont des fonctionnements problématiques que nous avons observés à travers des témoignages. En voici un résumé.


La rigidité des psychiatres et leur impossibilité à remettre en cause leur théorie est la raison de leur stagnation dans la compréhension de la question transsexuelle. Pour obtenir les traitements qu'ils viennent chercher, les patients leur mentent, ils se conforment à l'idée que ces psychiatres ont des transsexuels.

Seule une minorité des transsexuelLEs a officiellement accès aux soins médicaux en France, (par exemple l'équipe médicale parisienne avec chirurgien dit avoir traité 200 patients en 20 ans, ce qui fait une moyenne de 10 patients par an!), où la qualité de ces soins est déplorable, surtout en ce qui concerne la chirurgie et la façon dont ces personnes sont traitées sur le plan humain.

Les protocoles de prise en charge des patients transsexuels sont inadaptés.

Les protocoles de prise en charge des patients transsexuels sont inadaptés car ils ne tiennent pas compte de l'évolution des connaissances et de la société. Les transgenres sont exclus du système de soins.

Pour ces équipes médicales, le “syndrome de transsexualisme” est une pathologie mentale et le diagnostic est l'affaire du psychiatre. L'auto diagnostic est donc totalement exclu et la parole du patient ignorée puisqu'il souffre d'une pathologie mentale. Sa demande est déraisonnable, c'est une demande “folle”.

Critères des protocoles:
1. être âgé de 23 ans au moins et de 55 ans au plus;
2. ne pas avoir d'engagements familiaux importants;
3. ne pas être séropositif au VIH ou à l'hépatite C;
4. ne pas avoir de pratique actuelle de prostitution;
5. être hétérosexuel après la transition.

1. Etre âgé de 23 ans au moins et de 55 ans au plus. [critères]

Sait-on mieux qui on est à 23 ans qu'à 18? Est-on moins fou à 23 ans qu'à 18 ans? Toutes les personnes que j'ai reçues à l'association soit savaient qui elles étaient et une attente n'était pas utile, soit elles s'interrogeaient sur leur identité et étaient demandeuses d'une aide à l'auto diagnostic afin de savoir si elles étaient transsexuelles ou pas.

2. Ne pas avoir d'engagements familiaux importants. [critères]

C'est à dire, il ne faut pas être marié ou ne pas avoir d'enfant mineur. Sous entendu: c'est un transsexualisme d'installation tardive donc “secondaire” ou “faux”. Seul le transsexualisme d'installation précoce (enfance ou adolescence) est “primaire” ou “vrai”. Cette classification typiquement française est inadaptée et fausse.
C'est oublier qu'il n'y a pas toujours eu l'information que les jeunes trouvent maintenant grace aux associations et à internet. Qu'avant 1980-1990, seules les personnes qui avaient assez d'argent pouvaient espérer financer leur transition. La plupart des MtF n'avaient d'autres issue que la prostitution et les FtM n'existaient pas.

3. Ne pas être séropositif au VIH ou à l'hépatite C. [critères]

Ils prétendent que c'est une contre-indication à l'intervention génitale. Pourtant en Europe d'autres chirugiens acceptent d'opérer ces personnes. C'est le cas à l'Hôpital Universitaire de Gand.

4. Ne pas avoir de pratique actuelle de prostitution. [critères]

Il s'agit là d'une vision moralisatrice. Cette activité (choisie ou subie) n'a rien à voir avec la transidentité. La prostitution reste le seul moyen de survie pour certainEs d'entre nous, celles qui ont des revenus insuffisant ou pas de revenu, celles qui sont en situation irrégulière... Ce n'est pas une bonne raison pour exclure les trans’ prostituéEs des soins. Que cette activité soit moralement acceptée ou pas par la société, elle n'a pas à entrer en considération. L'activité professionnelle (quelle qu'elle soit) est indépendante de l'identité de genre. Les professionnels de santé doivent donc laisser leurs considérations moralistes à la porte de leur consultation ou s'abstenir de s'occuper des personnes trans’.

5. Etre hétérosexuel après la transition. [critères]

C'est à dire qu'il faut être homosexuel au moment de la demande (les MtF doivent aimer les hommes et les FtM doivent aimer les femmes). Là aussi, il s'agit d'une vision moralisatrice, qui de plus est hétéro normative et hétérocentrée.

Pour les points 4 et 5, il s'agit bien là d'une contrainte à la “normalité”.

CRITIQUE COMPLEMENTAIRE

Les professionnels parlent toujours de nous dans le mauvais genre, celui d'assignation et non celui de notre sexe social.

La transidentité n'est pas une maladie mentale. Cela ne devrait pas relever de la psychiatrie.

Les tests psychologiques (Rorschach, TAT, MMPI...) sont faussés par des personnes qui adaptent leurs réponses en fonction de ce qu'elles perçoivent des intentions des psys. De plus ces outils sont inadaptés pour diagnostiquer ou comprendre le sexe psychologique et l'identité de genre.
Les troubles de la personnalité dont il est question, se voient au cours d'un entretien clinique.

Quant au test de QI Benoit-Pichot, il date! Que vient faire le QI dans cette histoire? Pour plus d'info sur les tests, cliquer ici.

Les échelles de masculinité et de féminité renforcent l'idée d'une intention “normative”. Confondre identité et féminité ou masculinité montre un manque de compréhension de ces questions. Une femme peut être masculine sans douter d'être une femme, un homme peut être féminin sans douter d'être un homme. De plus, ces stéréotypes sociaux varient avec les époques et les cultures.

Mis en ligne le 04/12/2003. Mis à jour le 15/12/2005.


    

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